Mettre en place une tarification progressive et solidaire de l'électricité

 

Actuellement, plus la consommation d’électricité est importante, moins on paie cher son kWh. Les tarifs sont donc dégressifs. Cela signifie par exemple qu’un ménage qui consomme en moyenne 600 kWh par an paie son kWh 33 cent l’unité, tandis qu’un ménage consommant 7500 kWh se voit lui facturer son kWh à seulement 20 cent.

Cette réalité apparait comme étant toute particulière dans un contexte de raréfaction des ressources. Elle incite à consommer davantage, alors qu’il convient de limiter cette consommation et d’orienter notre modèle de société vers la sobriété et l’efficacité énergétique.

Mais surtout, plusieurs études concordent : en moyenne, plus on a de revenus, plus on consomme d’électricité. L’actuelle tarification dégressive de l’électricité favorise donc davantage les ménages aisés. Le graphique ci-dessous présente la consommation moyenne des ménages wallons, des plus pauvres aux plus aisés.

En 1 : les ménages les plus précarisés.
En 10 : les ménages les plus aisés.

 

Ce que propose le RWADE :

Le RWADE soutient depuis plusieurs années le principe d’une tarification progressive et solidaire de l’électricité. Concrètement, cela signifie garantir aux ménages wallons une consommation de base à un prix peu élevé, financée par ceux qui consomment plus et paieront plus cher les kWh supplémentaires qu’ils consomment.

Le niveau de consommation d’électricité d’un ménage étant en général fortement lié à ses revenus, cette mesure est avant tout une mesure socialement juste et redistributive. Elle envoie également un message environnemental, puisque, tout en garantissant une consommation de base à bas prix, elle défavorise la surconsommation par un prix plus élevé.

 

Attention néanmoins, une série de ménages à faibles revenus consomment davantage d’électricité que la moyenne, notamment parce qu’ils disposent d’installations peu performantes : chauffage électrique, chauffe-eau électrique, etc. Il est donc essentiel d’éviter que ces ménages ne soient impactés négativement par la mesure, notamment en :

  • leur octroyant le tarif social sur base d’un critère de revenus ;
  • faisant d’eux la cible prioritaire des politiques de soutien à l’amélioration de la performance énergétique des logements et de leurs équipements.

Il conviendra également de prendre en compte les compteurs électriques collectifs existants.

Notons que ces différentes situations posent déjà une série de difficultés pour les ménages concernés (non accès au tarif social quand il y a un compteur collectif, coût très élevé du chauffage électrique, etc.). Il convient d’y apporter des réponses indépendamment de l’instauration d’une tarification progressive et solidaire !

La mesure est pour l’instant reportée en Région wallonne, à cause de difficultés techniques et des surcoûts liés à l’implémentation du mécanisme tel que construit par le Gouvernement wallon.

Le RWADE demande au Gouvernement wallon la mise en place d’une concertation avec les acteurs sociaux et environnementaux, ainsi que les représentants des consommateurs autour des difficultés rencontrées dans la mise en œuvre de la mesure. Derrière des considérations techniques se cachent des choix de société qui ne peuvent être uniquement débattus entre fournisseurs, GRD et régulateur du marché.

L’actuelle période transitoire doit par ailleurs impérativement être mise à profit de manière optimale pour lever toutes les inconnues existantes (compteurs collectifs, ménages dépendants du chauffage électrique, impact de la composition d’un ménage sur sa consommation électrique, etc.) et pour répondre aux enjeux soulevés par la mise en place d’une mesure qui, dans son principe, est juste et solidaire.